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content, copyright and general mayhem

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dimanche 12 décembre 2010

Le point final - ou comment Le Point censure ses commentaires

Il y a trois semaines, intrigué par un message identi.ca de rom1v, je lis un article sur Le Point intitulé « Comment Windows a changé notre vie ». Et comme souvent lorsque je trouve qu'un article montre un peu trop clairement ses limites, je laisse un commentaire.

En effet, l'article du Point est exempt de toute analyse et critique et se borne à une espèce de publi-communiqué à base de « D'abord il y a eu Windows 3.1, puis la révolution Windows 95. Après, Windows XP est une révolution incroyable, mais Vista marche pas tip-top. Oh la la, heureusement, finalement, tout va bien, tout le monde aime bien Seven maintenant. ».

Rideau, circulez, y'a rien à voir. Et surtout pas de questions à se poser, du type :

  • Windows a-t-il amélioré la vie des gens ou l'a-t-il juste changée ?
  • Les gens sont-ils plus éduqués en informatique et maîtres de leurs ordinateurs, ou moins ?
  • Cette domination de plus de deux décennies est-elle légitime ? méritée ? critiquable ? explicable ?

Bref, à la vue des réactions (dont les inévitables « Windows c'est pour les nuls, venez sur Mac c'est bien mieux ») je laisse un commentaire, assez critique du manque d'analyse de l'article [1] et se terminant par une invitation à lire mon Petit vade-mecum de la technologie 2.0 à l'usage des journalistes. « Ils dégageront peut-être mon auto-promotion » me dis-je en le publiant. C'est de bonne guerre après tout.

D'ailleurs, la politique de modération du Point est claire :

Toutes les opinions sont accueillies, dès lors qu'elles respectent les règles de conformité à la loi et de bienséance. Ainsi ne seront pas validées les contributions qui :

- Encourageraient un sentiment raciste, haineux, homophobe… A ce titre il est utile de veiller à ne jamais généraliser une critique (dépréciation d'un groupe entier, d'une profession entière…). - Attaqueraient sans argumenter, ou argumenteraient de manière haineuse - Mettraient en cause une personne de manière injurieuse ou diffamatoire - Alimenteraient des rumeurs, notamment sur la vie personnelle - Seraient hors sujet - Ne s'adresseraient qu'à un autre lecteur en particulier, sans que les autres lecteurs puissent trouver matière à réfléchir.

Pour améliorer la lisibilité des réactions, les modérateurs veillent à lisser les erreurs d'expression (orthographe, typographie…) mais ne peuvent tout rectifier. Les réactions entièrement formulées en lettres capitales (majuscules) ou en langage abrégé seront supprimées.

Il arrive que les modérateurs suppriment un mot ou un bref passage dans une réaction (la suppression est figurée pas les crochets : …). Leur souci est de laisser vivre le plus possible les paroles d'internautes. Les suppressions ne doivent pas modifier le sens général de la réaction. Si vous en êtes mécontents, vous pouvez toujours demander la suppression totale de votre réaction. Le très petit nombre de cas de mécontentement observé jusqu'à présent nous conduit à pérenniser la pratique.

Conscients de la haute qualité des contributions des lecteurs, les modérateurs ont le souci permanent de les mettre en valeur. Des améliorations de la mise en page sont en cours de développement.

(La mise en exergue des différents éléments qui nous intéressent ici est de moi.)

En fait non, c'est plus simple, ils dégageront tout simplement tous les passages de mon pauvre commentaire un tant soi peu critiques de l'article et de son côté publicitaire.

Grande classe.

Mécontent des coupes effectuées, qui à mon sens « modifient le sens général de la réaction » (on passe d'un commentaire critique de l'article à une simple réponse aux autres commentaires), je décide de contacter le modérateur par mail, selon l'adresse disponible sur le site pour leur indiquer mon mécontentement en leur demander ce qu'ils proposent comme solution (la seule évoquée dans la politique de modération est le retrait pur et simple du commentaire).

Pas de réponse.

Ils doivent être débordés après tout, me dis-je, je vais leur écrire de nouveau.

Toujours pas de réponse.

Évidemment, on comprend mieux en quoi « Le très petit nombre de cas de mécontentement observé jusqu'à présent nous conduit à pérenniser la pratique. » si les mécontentements sont purement et simplement ignorés.

Tout le monde est satisfait ! D'ailleurs, 100% des personnes satisfaites ont été interrogées !

J'ai envoyé un troisième mail, lui aussi resté lettre morte.

Je trouve en tout cas cette pratique dégueulasse, vous l'aurez deviné. De plus, ça ne fait que confirmer l'image déjà médiocre que j'ai des « news magazine » à la française, et du journalisme-faux-4è-pouvoir tel qu'il existe à l'heure actuelle (avec quelques heureuses exceptions).

Ce qui me paraît le plus incroyable en outre, c'est comme des journalistes peuvent refuser toute critique, au point de censurer un pauvre commentaire qui serait de toute façon passé inaperçu (un partisan du logiciel libre qui vient défendre son dada dans les commentaires d'un article sur Microsoft, c'est d'un banal). Non, au lieu de laisser couler et de voir le commentaire disparaître dans le nombre, l'égo de certains (ou est-ce autre chose ?) fait apparaître un manque de respect de la liberté d'expression et conduit un blogueur parmi tant d'autres à se sentir personnellement censuré, et donc à vouloir obtenir justice en prenant le temps d'écrire un article, là où il aurait probablement oublié avoir écrit ledit commentaire deux jours plus tard.

Barbara Streisand, si tu nous lis…

Notes

[1] L'analyse, c'est pas ce qu'on répète tout le temps être la chose que peuvent apporter les journalistes à la jungle sans foi ni loi qu'est l'Internette ?

vendredi 21 mai 2010

♫ Copying is not Theft ♫

À force de le répéter, certains espèrent que ça en fera une vérité : « La copie, c'est le Vol ! » nous répètent certains (dont un paquet font des lois, malheureusement, ou font de l'argent en vendant des copies, ironiquement).

Heureusement, certaines personnes ont décidé de les aider à comprendre la distinction entre les deux, en reprenant à la base.

C'est le cas de Nina Paley[1] et c'est l'idée derrière les Minutes Memes : une petite animation pour expliquer une idée.
Voici donc de quoi expliquer à ceux et celles qui ont du mal (Pascal, je pense à toi) en quoi copie ≠ vol.

Ce qui est bien, c'est que le langage et le style sont tout à fait adapté au niveau technique que semblent avoir certaines de nos « élites culturelles » et de nos représentants au Parlement.

Minutes Memes, via Owni.fr.

Notes

[1] Nina Paley qui, pour ne rien gâcher, est végétarienne et fait ici le parallèle entre le fait d'expliquer en quoi le monopole du copyright n'est pas une évidence à des gens qui ont bâti leur plan d'affaire dessus est le fait d'expliquer qu'on peut être végétarien et qu'on est pas obligé de manger des animaux à une convention de bouchers.

jeudi 8 octobre 2009

Copyright insanity #1

Today, C. wanted to take some pictures at the local shopping centre/plaza in a non-professional way and for her personal enjoyment, the way she often does.

Hell, the way everyone I know does, half of my friends are photogeeks anyway.

As she started taking pictures of the poster for a film festival in the entrance to the arcade's cinema, a girl behind the counter told us we “couldn't do that”. C. put the protective cover back on her camera's lens and we started leaving. Yet, this seemed like copyright abuse to me, so after checking with C. if she'd mind if I asked the girl to explain, I headed back to the counter.

I asked the girl for what reason we weren't allowed to take pictures, and, lo and behold she told me it was because
“The posters are copyrighted. And it's against cinema policy.”.

Interested and clearly sensing copyright abuse, I started answering.

“Look, this isn't against you, but…”

“This is cinema policy, it's the way it is. I don't want to discuss this anymore with you.” she cut through, and she just left me there.
Obviously, as I was the only person in the cinema's hallway, this clearly was movie rush hour and she had highly more important things to do than answer a customer's question.

Reasonably, I was left rather pissed as an other human being had basically just refused intelligent conversation and hid behind corporate policy to justify stupidity, and more importantly, done it in one of the most blunt and rude ways I've experienced.

What's annoying is that the cinema is actually nice, has reasonable pricing and a nice selection.

So, I've checked, and though I am not a copyright lawyer I think this shows one has the right to take pictures of film posters : Australian Copyright Act of 1968, section 65.
For the lazy ones, here is what it says : The copyright in a work to which this section applies that is situated, otherwise than temporarily, in a public place, or in premises open to the public, is not infringed by the making of a painting, drawing, engraving or photograph of the work or by the inclusion of the work in a cinematograph film or in a television broadcast.

So there, from what I make of it, a copyrighted work displayed in open premises does not see it's copyright infringed by a photograph, especially if the picture is for personal enjoyment. And by definition, a film poster is a public work of art, as it's entire point is to be shown to the public and therefore displayed publicly.

Needless to say, I think the obsessive dickhead I am is going to drop by and give her a print-out of that section. She probably doesn't care (she actually made that clear by being deliberately rude), but whatever. %% It is noble and just to dispel myths, falsehoods and untruths, right ?

The worst bit is this : copyright is supposed to help protect artist's rights and avoid spoliation. By being obnoxious and abusing copyright, this girl makes me not want to go to the cinema she works at again. I find a cinema I like and and a stupid policy and worker makes me want to not go there anymore. How is that good for artists?