Quand on est chiant et engagé, comme certaines d'entre nous se qui reconnaîtront dans cette définition, on entend parfois (souvent ?) cette phrase.

« Tiens, j'ai vu ça, ça m'a fait penser à toi. »

Comme si on était le point de chute de l'engagement, l'excuse morale de son groupe d'ami/es. Ah, ça c'est un truc pour Machin ! Sous-entendu : ça le concerne lui, et donc sous-sous-entendu : ça me concerne pas, moi.

Trop souvent, ça m'a un peu agacé, voire déçu ou attristé. Je ne suis pas la bonne conscience de mes amis, ni leur excuse : « ouais attend on est un groupe de gens progressistes, on a un pote végétarien et même qu'on le traite bien ! ».

Mais je me rends compte maintenant que c'est avoir une mauvaise perspective sur la chose. À chaque fois que quelqu'un pense à nous quand quelque chose de choquant se passe (que ce soit un comportement ouvertement homophobe, discrètement sexiste, ou spéciste et acceptant de la souffrance animale, etc.), c'est que cette personne pense à ce problème, le repère désormais. Elle le trouve digne d'intérêt et d'attention.

C'est, fondamentalement, que nous avons réussi à partager ce qui nous tient à cœur avec des gens qui nous tiennent à cœur.

Et ça, c'est une bonne nouvelle.

Donc ouais, je suis content que t'aies pensé à moi quand t'as vu ça. J'espère qu'un jour quelqu'un pensera à toi en voyant un truc similaire.