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jeudi 10 juin 2010

Des pubs pour « Le Bœuf » : réjouissons-nous !

En effet mes sœurs et mes frères, réjouissons-nous.
L'industrie de la viande qui ressent le besoin de faire de la publicité pour justifier la consommation de « bœuf », c'est bon signe.

Il y a trente ans il eut été inconcevable de devoir faire de la réclame pour inciter la population à manger un steak. S'il y a bien quelque chose que tout le monde aime, c'est un bon steak bien juteux, n'est-ce pas ?

(source)

Mais avec les dernières attaques de ces salauds d'écologistes (télécommandés par les bien plus dangereux extrémistes végétariens qui veulent détruire les belles traditions de notre douce nation), le lobby de la viande ressent le besoin de motiver la consommation de cette noble bête qu'est le bœuf.

On est donc à la troisième étape du triptyque énoncé par Schopenhauer :
D'abord ils vous ignorent, ensuite ils vous ridiculisent, enfin, ils vous combattent.

Mais avant de nous réjouir complètement, prenons quand même le temps d'analyser ce monument d'intégrité intellectuelle qu'est la campagne « Le bœuf, une énergie naturelle, essentielle, vitale et responsable. »
Je sais, c'est magique dès le début.

Le choix du « essentielle » est le plus évident à démonter, on ne va pas y accorder plus qu'un « Et c'est pourquoi l'Inde à cesser d'exister il y a 1500 ans car elle n'a pas mangé assez de viande les enfants. ».
« Vitale » subit du coup le même sort.

Revenons ensuite un instant au choix du mot « bœuf ». Considérant que plus de 90% de la viande de bœuf consommée en France est de la viande de vache de réforme, je pense qu'on est à la limite de la publicité mensongère.
Cela vous donnera aussi une idée d'où vont les vaches à lait à la fin de leur vie. Et par « la fin » on parle de celle déterminée par l'optimum économique hein, pas leur espérance de vie naturelle.
Ça va pas oh, on va pas attendre plus de 20 ans pour bouffer de la viande dur comme chicotin non plus.
Bref, « bœuf » sonne clairement plus classe que « vache laitière en fin de carrière », la campagne marque encore un point en terme d'information factuelle.

En outre, on voit dans l'une des pubs un couple sautant dans les bras l'un de l'autre dans un champ, de majestueux et placides bovidés broutant dans le fond, libres comme l'air dans des collines verdoyantes de notre beau pays (variation sur l'image en haut de cet article).

Quelle proportion des vaches vivent au grand air, libres de leurs allées et venues ? Je ne trouve pas de chiffres exacts, mais pour ce qui est des veaux, moins de 10% visiblement[1] (source One Voice).

On pourrait continuer un certain temps comme ça, tant la campagne et le site associé sont volontairement vagues et donne dans le greenwashing basique, mais je préfère vous laisser avec ces quelques morceaux choisis et vous laisser continuer à lire ailleurs d'autres déconstruction de la même campagne, si ça vous dit.. 

En France, qui dit bœuf dit prairies pour les nourrir. Et qui dit prairies dit à la fois stockage de carbone et diversité. Ainsi, au-delà du maintien de la diversité des races bovines de nos régions, les prairies abritent de très nombreux petits animaux, insectes et micro organismes qui, tous, participent à la biodiversité, au même titre qu’une flore végétale abondante.

Décidément, le bœuf crée la vie autour de lui.

(source)

Comment ces prairies stockent-elles du carbone, le site ne l'explique pas (ce carbone ne serait pas stocké si les prairies étaient laissées à être broutées naturellement par les animaux ?).
On appréciera aussi particulièrement l'ironie de la dernière ligne.

Nos élevages, essentiellement familiaux et générateurs de milliers d’emplois, participent activement, et de façon responsable, au dynamisme économique et social de nos régions.

Ainsi, grâce au bœuf, nos campagnes sont pleines de vie.

(source)

La dernière ligne encore une fois est assez magique.

Bref, on restera surtout sur le fait que l'industrie de la viande en est venue à un point où elle se sent devoir défendre sa position, surtout d'un point de vue environnemental.

Bientôt, on arrivera peut-être même à leur faire admettre qu'ils utilisent des animaux (avec des nerfs, un cerveau et semblant de conscience, si si !) pour gagner leur vie, et non des automates ou des objets, comme le voudraient Descartes ou le code civil.
Et on les verra argumenter qu'ils sont bien évidemment de grands défenseurs de la vie des animaux, et que c'est pour ça qu'ils les font venir au monde dans de telles quantités.

Notes

[1] Et encore, je simplifie, 10% ne sont pas élevés de façon industrielle, il faudrait regarder la proportion qui est « bio ».

jeudi 3 juin 2010

Des limites de la gentillesse bien pensante

Il y a quelques mois, en traînant sur un réseau social bien connu, un groupe sarcastique a été porté à ma connaissance : Pourquoi ne pourrait-on pas manger les chiens ?.

Bonne question, à laquelle je vous laisse le soin de répondre et d'en tirer les conclusions logiques.
Chose que visiblement, les détracteurs dudit groupe n'ont pas essayé de faire.

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dimanche 30 mai 2010

GLOIRE À FACEBOOK

Chères amies, chers amis, j'ai décidé de RESTER SUR FACEBOOK, ET PARTICIPER À UNE GRANDE ŒUVRE DU PEUPLE.

Le 31 mai prochain J'INVITERAI TOUS MES AMIS ET TOUTES MES AMIES QUI N'ONT PAS ENCORE VU LA LUMIÈRE À REJOINDRE LE SITE.

L'élément qui a été CELUI QUI M'A FAIT PRENDRE CONSCIENCE DE L'IMPORTANCE DE FACEBOOK POUR LA NATION, est le fait de m'être vu refusé le droit de changer de nom selon mon bon vouloir MÊME SI JE ME RENDS COMPTE DÉSORMAIS QUE C'EST UNE PRATIQUE SAGE ET JUSTE. Aucun autre site ne fait cela, ET ILS ONT TORT, même un site comme eBay, QUI EST UN REPAIRE DE CHIENS DE PETITE VERTU ET DE VOLEURS SANS MORALE, permet l'utilisation de pseudonymes.

Le site de Mark Zuckerberg (GLOIRE À SON NOM, QUE SA BIENVEILLANCE ÉCLAIRE MILLE GÉNÉRATIONS) prend une direction QUE JE NE PEUX QU'APPROUVER.

En effet JE SUIS RAVI que Mark Zuckerberg (SON ESPRIT EST GRAND, QUE SA DESCENDANCE SOIT FERTILE ET POURSUIVE SON ŒUVRE) nous ÉCLAIRE SUR LA VÉRITÉ AU SUJET DE LA VIE PRIVÉE aujourd'hui.

C'est pourquoi j'ai décidé de faire savoir ma JOIE INDICIBLE D'AGIR AVEC MES SEMBLABLES AU SEIN D'UN LIEU PROTÉGÉ CONTRE L'AMORALITÉ D'INTERNET EN PARTICIPANT AU BIEN ÊTRE ÉCONOMIQUE DES ENTREPRISES DE PART LE MONDE et de RESTER TOUT MA VIE SUR LE SITE AFIN DE FAIRE DE FACEBOOK LE CENTRE NÉVRALGIQUE DE MA PRÉSENCE SUR LE RÉSEAU CIVILISÉ ET RÉGULÉ.

vendredi 21 mai 2010

♫ Copying is not Theft ♫

À force de le répéter, certains espèrent que ça en fera une vérité : « La copie, c'est le Vol ! » nous répètent certains (dont un paquet font des lois, malheureusement, ou font de l'argent en vendant des copies, ironiquement).

Heureusement, certaines personnes ont décidé de les aider à comprendre la distinction entre les deux, en reprenant à la base.

C'est le cas de Nina Paley[1] et c'est l'idée derrière les Minutes Memes : une petite animation pour expliquer une idée.
Voici donc de quoi expliquer à ceux et celles qui ont du mal (Pascal, je pense à toi) en quoi copie ≠ vol.

Ce qui est bien, c'est que le langage et le style sont tout à fait adapté au niveau technique que semblent avoir certaines de nos « élites culturelles » et de nos représentants au Parlement.

Minutes Memes, via Owni.fr.

Notes

[1] Nina Paley qui, pour ne rien gâcher, est végétarienne et fait ici le parallèle entre le fait d'expliquer en quoi le monopole du copyright n'est pas une évidence à des gens qui ont bâti leur plan d'affaire dessus est le fait d'expliquer qu'on peut être végétarien et qu'on est pas obligé de manger des animaux à une convention de bouchers.

mercredi 19 mai 2010

Mettez une bibliothèque numérique

Il y a peu (oui, je ne fais jamais ces billets bien comme il faut sur le moment) on pouvait trouver cette pub dans le métro parisien : Pub DS bibliothèque

« Mettez une bibliothèque numérique », ça me semble clair. Un message publicitaire ciblé et efficace.

En outre, les geeks typographiques auront remarqué l'agencement étrange du texte.

Bref, encore un pinaillage publicitaire et un processus de contrôle qualité tout pourri, quoi de nouveau en fait ?

lundi 17 mai 2010

Tofu brouillé

– petite mise à jour des quantités d'ingrédients, après vérification dans mon frigo –

Manger moins d'animaux, plus de tofu tout ça, tu voudrais bien, mais tu n'es pas de type végétarien/ne.
Et encore moins cuistot.

C'est là que j'interviens.

En effet, quoi de plus concret pour sauver le monde qu'une bonne bouffe ?
Des briques dans les vitrines des banques me répondront certains de nos plus fervents lecteurs, mais je ne suis pas de ceux-la (et la question est rhétorique de toute façon).

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vendredi 7 mai 2010

Eco-tips #2 : le ninja

Ami/e de l'environnement et fan de ninja[1], cet éco-tips est pour toi.
(Mais ne le sont-ils pas tous ?)

On va donc en venir tout de suite au fait, faire au plus efficace tout en restant humble, bref, rester ninja, le tips en lui-même est :

Sauter dans la poubelle jaune.[2]

Oui, tu as bien lu.

Si tu ne disposes pas de voisins et voisines super consciencieux et soucieux de l'environnement, tu constates souvent, avec tristesse et amertume, que les gens ne compactent que très peu leurs ordures recyclables.[3]
Résultat : une poubelle jaune quasi pleine alors que bon, tout compte fait, y'a pas tant de trucs que ça dédans-la-poubelle. Et toi qui voulait mettre tes petites bouteilles vides bien compactés et ton petit carton plié, tu te retrouves sur la touche, bloqué/e dans ton élan altruiste et protecteur de toute vie (au moins).

C'est ici que notre éco-tips rentre en jeu.

Faisant fi des contraintes les plus élémentaires de la gravité[4], tu sautes directement sur le tas d'ordures recyclables, propre mais non compacté, qui sous ton poids (bien que tout à fait léger pour ces demoiselles[5]) se compacte, offrant la possibilité de remplir d'autant plus la poubelle à ta sympathique personne mais, et c'est tout bonus, également aux autres personnes partageant ladite poubelle.

Les vrais ninja ne s'aideront évidemment pas de l'environnement immédiat pour procéder au compactage pédestre et développeront ainsi leur détente sèche et leur agilité, tout en aidant l'environnement.

Tout bénèf' en somme.[6]

Notes

[1] Ninja > Pirate. Nevar forget.

[2] C'est vrai que ce conseil peut sembler un peu parisianiste, les poubelles à plastique/carton/recyclables n'étant pas forcément jaunes ailleurs. Il te suffit, amie lectrice, ami lecteur, de remplacer jaune par la couleur de ton choix pour rendre le tips adapté à ta situation.

[3] Tu ne disposes peut-être même pas de voisins du tout si tu ne vis pas dans un immeuble, j'en suis désolé. D'un autre côté, t'as une maison, ça compense.

[4] Pas celle de la situation dans laquelle est notre planète actuellement, la loi universelle du même nom

[5] Sérieux, c'est pas sexiste là.

[6] Désolé, utiliser les notes en bas de pages m'amuse beaucoup trop pour que je n'en abuse pas.

jeudi 6 mai 2010

Éclair, Flan and other french pâtisseries for free software geeks

As many of my fellow Android geeks may not be versed in the art of French pâtisserie, I thought I would clear the situation as to what exactly on Earth are an éclair and a flan, and show their superiority to the atrocity (from à pretentious French point of view) known as a donut.

After all, it only seems right to have my sweet tooth and FLOSS meet.
Ta-daa.
(Thank you, I'll be here all week)

Without any further ado, here are a some pictures of an éclair and a flan, together, in glorious sugary harmony:

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mercredi 5 mai 2010

Why Macs suck, or, The reason I believe the Macintosh platform not to be enginereed to my taste.

Bear with me, I'm going to vent a few frustrations I had while I used a MacBook Pro a few months back for work.

To be honest, all of this might not still suck, as I was using OS X 10.5 Leopard. But from what I gathered, 10.6 Snow Leopard was mostly a stability and optimisation update, not a usability one, so Mac Apple PCs probably still suck.

Also, this was compiled as I went along, which should explain its bullet list aspect.
It's a bit dry, as it is… well, a bullet list, and contains hardly any pictures.
Pas beacoup d'images as French kids would say.
Some of it is probably just frustration talking too.

Well, with the minimum in terms of intellectual honesty out of the way, here we go for the brushed aluminium shitlist.

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samedi 1 mai 2010

Mauvaise raison de manger les animaux n° 225 : « C'est naturel »

Pourquoi ne faudrait-il pas manger d'animaux ?

On entend souvent cette réponse :

« C'est naturel. »

Non. C'est culturel, pas naturel.
Nous ne sommes pas particulièrement bien équipés pour courser un lièvre, tuer un taureau à mains nues ou attraper un poisson dans l'eau (même si certains filous y arrivent).
On conviendra donc aisément que nous ne sommes pas naturellement de très bons prédateurs.

Par contre nos gènes nous permettent une faculté de transmettre une information et de la garder dans le savoir partagé de notre espèce. Par exemple comment fabriquer un outil, comment s'en servir, quelle période est propice à telle ou telle cueillette ou chasse. C'est ce qu'on appelle la culture. Si l'on veut absolument penser que nous sommes des prédateurs, alors c'est culturellement, pas naturellement.

Mais en fait, vous savez quoi ? On s'en fout de ça.
Si si, je vous promet.

Les gens ne font appel à l'argument naturel que par simplicité, par absence de réflexion.

Le mariage, les maths[1], les autoroutes, Chatroulette, vos chaussures ou votre iPhone sont-ils « naturels » ?

Pour autant, personne ne penserait à les décrier sous prétexte qu'ils ne sont pas naturels ou nous éloignent de notre condition naturelle.[2]

Si des membres du corps médical annonçaient qu'ils ne peuvent pas sauver quelqu'un parce que réaliser un IRM ou faire une biopsie ne sont « pas naturels », les gens hurleraient au scandale, et à juste titre.

On est donc dans un appel à la Nature quand ça arrange, méthode plus connue sous le nom d'« hypocrisie bien grasse ».

Ce dont nous disposons naturellement par contre, au sens évolutionnaire et génétique, c'est d'un sens moral poussé.
Il semblerait qu'il nous permette de nous organiser en groupes plus efficaces, facilitant la transmission d'information, notre capacité la plus importante, sans laquelle chaque génération ne pourrait construire sur l'œuvre des générations précédentes et devrait repartir à zéro.

Hors ce sens moral à tendance à nous dire que tuer sans nécessitée, pour assouvir un plaisir, c'est pas joli joli.

Au bout du compte, l'être humain n'ayant a priori pas besoin de produits animaux pour vivre, et de toute façon pas besoin de produits animaux nécessitant la mort de ces derniers, l'argument naturel en prend donc pas mal pour son grade.
En suivant ce dont la Nature nous a doté (ou plutôt les aptitudes que l'Évolution nous conduit à avoir), on ne justifie pas de bouffer tous les animaux qui passent mais on réfléchit plutôt à la justification à apporter de les tuer pour le plaisir gustatif.

Si vous la trouvez, je suis tout ouïe.

En attendant, la majorité des personnes qui répondent avec évidence « Pourtant c'est naturel ! » quand elles vous demandent pourquoi refuser de manger les animaux le font souvent car elles ne veulent pas, ou bien n'ont pas pris le temps de réfléchir réellement à la portée d'un acte que l'on veut garder le plus banal et sans conséquences possible : se nourrir.

Notes

[1] Les plus poétiques de nos ami/es mathématiciens/nnes nous feront remarquer à juste titre que les mathématiques sont naturelles puisqu'elles ne font que suivre les lois de l'univers.

[2] Hormis quelques luddites et naturalistes du meilleur goût.

jeudi 22 avril 2010

Eco-tips #1

Pour ceux qui ont un robinet chez eux (désolé à tous les autres, ce billet n'a pas but à discriminer je vous rassure) voici un petit tips digne des numéros en 36 65 qui t'aidaient à vaincre le boss final, sauf qu'ici y'a pas de boss, juste la planète qui se meurt[1].

Wow, qu'est-ce que ça fait cliché.

Bref, pour économiser l'eau, car l'eau c'est la prochaine grande ressource rare et un truc avec lequel il ne faut pas rigoler hein, je vous propose l'éco-tips premier du nom

installer un petit filtre sur votre robinet d'évier ou de lavabo.

Ça injecte de l'air dans l'eau au moment où elle passe le filtre et, sans avoir un effet désagréable ou même réellement remarquable, diminue le débit d'eau utilisée.

Pour 20€ et quelques à Nature & Découverte, achète toi une bonne conscience écologique.

Oh ça va, 20€ on les dépense tout le temps dans d'autres conneries, me sortez pas l'excuse que c'est trop cher.

Bon après évidemment, si tu laisses couler l'eau pendant toute la durée de ta vaisselle, de ton brossage de dent, que tu n'utilises pas de bassine pour la vaisselle ni de bouchon d'évier, que tu prends des bains tous les jours au lieu de douches quand t'es sale, il faut peut-être commencer par revoir d'autres aspects de ton comportement en priorité.

Notes

[1] Dramatiser ça a du bon aussi, en tout cas c'est assez marrant quand on est de l'autre côté du clavier.

mercredi 21 avril 2010

Truand de la galère = tendre voyou ?

Sacré Morsay, self-made « truand de la galère » de son état.
Il s'agit en fait ce bon vieux Robert Morcet[1],

Tendre voyou

Tendre voyou, ça lui va bien.

Et ça explique mieux la charge homo-érotique latente de tout ce qu'il dit.

Notes

[1] Je n'ai pas la moindre idée de qui est R. Morcet, évidemment.

lundi 19 avril 2010

Internet est une salle de rédaction géante ! (et j'ai le numéro du rédac' chef)

C'est en tout cas ce que semble penser une partie de l'administration et du gouvernement.

À en croire cet amusant article de Numérama, de nombreux sites du gouvernements « interdisent » que l'on crée des liens vers leur site.

Amusant n'est peut-être pas le mot d'ailleurs, effarant est mieux choisi.

En effet, ces mises en garde vides de toute substance montrent surtout une incompréhension fondamentale du web : d'une part je propose mon contenu à tous et à toutes, sur un serveur répondant aux demandes sans discrimination [1], mais de l'autre j'estime naturel de décider de qui va faire référence à moi ailleurs.

C'est un peu comme avoir une discussion publique à la boulangerie mais refuser que quelqu'un face référence à cette discussion par la suite chez le primeur.

Cette incompréhension me rappelle des propos tenus récemment sur France Inter par Jean-François Lamour, député de Paris, au sujet des blogs. Réagissant vivement à ce qu'une partie de notre majorité parlementaire, les Pierre Richard de l'Internette, à décrié comme La Rumeur™, ce joyeux drille s'offusquait à l'idée qu'un blog puisse publier ce qu'il veut, en ces termes (que je cite de mémoire, l'émission n'étant plus téléchargeable) :
« Mais, il doit bien y avoir des modérateurs ! Un site comme LeMonde.fr ou Liberation.fr ne peut pas publier n'importe quoi, il y a quelqu'un à qui on peut s'adresser pour faire retirer les contenus problématiques. ». [2]

Le fond du problème est là, ces gens qui font les lois sont encore dans une optique de salle de rédaction dont sort l'info et que l'on peut, si ce n'est contrôler, au moins amadouer, menacer ou faire trembler. C'est dans tous les cas une entité à une seule tête, plusieurs entités en comptant différentes salle de rédaction, mais identifiable, identifiée et à qui l'on peut facilement demander des comptes.

Hors avec Internet, la réalité est autre. On est face à une hydre, un journal anarchique (pensez Proudhon, pas chaos) aux milliers de rédacteurs, chacun avec leur propre presse.

Faisant montre d'incompréhension quand Laurianne Deniau, la représentante des jeunes socialistes en face de lui tentait de lui expliquer que non, tous les blogs n'avaient pas de modérateurs, car une très grande partie d'entre eux sont auto-publiés ou publié sur des plateformes (qui peuvent en effet appartenir au Monde, à Libération, etc.) et n'ont donc aucunement les moyens, ni parfois même l'envie, de modérer eux-mêmes 24h sur 24 leur blog, je propose à mon copain JF d'imaginer qu'il veut, concrètement, modérer les propos de tous ses concitoyens.

Et il a raison.
Clairement, l'époque infâme de la Rumeur, des potins, des ouï-dire et des nouvelles croustillantes de bas étage pullulant et s'infiltrant dans les esprits de nos concitoyens doit toucher à sa fin.
Mettons des modérateurs dans toutes les boulangeries, que se taise enfin la voix persifflante du ragot populaire.

Comme disait l'autre, la liberté d'expression plaisait bien tant qu'elle était théorique, maintenant qu'elle devient concrète, elle fait peur.

Notes

[1] On va pas rentrer dans un débat sur l'usage de technologies propriétaires sur les sites publiques.

[2] Problématiques voulant évidemment dire « qui nous déplaisent ».

jeudi 15 avril 2010

De la vacuité de débattre sur Youtube.

Youtube c'est sympa.

C'est des vidéos de hamster sur des piano[1], des tubes des années 80, des extraits de télé-réalité, des détournements de films, des attaques sans fin sur les athées/les religieux/les athées/les rel…

Mais surtout, et on l'oublie trop souvent, on y trouve les pires débats du monde, la lie du commentaire internet[2], un truc qu'il faut pas que Nadine Morano elle voit ça sinon elle retirera les yeux de ses enfants par précaution.
Ami du racisme (pardon, de l'ethno-différentialisme), de la religion ouverte d'esprit et progressiste, de l'orthographe fantaisie, du nauséabond généralisé et autres miracles de l'existence humaine, tu peux trouver ton bonheur sur Youtube.

Avec des millions de vidéos sur tout et rien, Youtube est aussi un gigantesque forum où chaque vidéo est un sujet qui a, et c'est un peu triste, ses habitués qui se disent bonjour, ses private jokes et ses philosophes en herbe, tous et toutes dans une recherche de la Vérité que n'aurait pas reniée Schopenhauer.

Alors autant vous dire que c'est horrible et que je ne sais même pas pourquoi il m'arrive de perdre parfois jusqu'à des après-midi entières à tenter d'opposer des arguments raisonnés à des choses comme « Dieu est partout si tu le vois pas c'est que t'es trop bête pour qu'on t'explique. » ou « Les noirs ont un QI inférieur c'est tout si tu veux pas l'admettre t'es de mauvaise foi toutes les études le prouvent ! ».
C'est le royaume de la réflexion avortée, de la superstition, de l'assurance de soi que seule l'ignorance procure et, et c'est probablement le plus important, de la conviction que nous on ne s'est pas fait avoir par les on-dit et la manipulation ambiante et qu'on a vu La Lumière™.

Ce que j'y préfère je crois c'est encore cette obsession à vouloir se donner du poids en utilisant des arguments « scientifiques » comme arguments d'autorité, arguments démontrant le plus souvent l'absence complète de compréhension de la méthode scientifique en question. Ou celle du consensus académique. Ou même celle du concept de source non-biaisée (non, un Imam écrivant un livre sur l'existence évidente de Dieu n'est pas une source acceptable pour soutenir que « tous les scientifiques s'accordent sur l'idée que Dieu est dans tout »). La Science n'est pas ici une façon de procéder mais une alternative au dogme, une autorité différente.
On en appelle à la Science pour se donner du poids, tout en étant le premier à taper dessus lorsqu'elle va à l'encontre de son opinion.

Le pire, c'est que comme forum, Youtube est absolument horrible à utiliser : impossibilité de retrouver un commentaire en particulier, même un des siens, pas de mise à jour des commentaires par fil –les réponses avec les questions– dans la page des commentaires… sauf à rester sur la page principale et dans ce cas la vidéo se relance à chaque rechargement de la page, obligation de rentrer un Captcha tous les quelques commentaires, et j'en passe.
Bref, les gens qui squattent les commentaires toute la journée me font presque encore plus flipper en y réfléchissant bien.

En tout cas, sachant que certaines de ces vidéos sont parmi les plus commentées de Youtube France, je ne m'étonne pas que le pays court à sa perte vu la productivité qui doit disparaître dans cette activité quotidienne.

Et pourtant, quelque part c'est beau aussi tous ces gens qui défendent leurs idées, tapotant furieusement sur leur clavier pour exprimer leurs convictions profondes entre midi et deux (et probablement entre 9 et 18 aussi), suivant l'évolution du débat, apportant leur contribution et versant leur intellect dans un choc des idées colossal.


On l'oublie trop souvent, la Liberté d'expression garantit seulement que les gens pourront exprimer leurs idées, pas que celles-ci auront le moindre intérêt.

Notes

[1] Saviez-vous que le tube « Hamster on a Piano » de Parry Gripp a perdu ses fameuses images d'un hamster sur un piano, l'ayant droit de la vidéo Youtube ayant trouvé que le clip abusait de son œuvre. Putain de connards je vous jure, faire valoir ses droits sur une vidéo de hamster, il pense vraiment qu'il va en faire quelque chose de mieux ?

[2] Palme que j'attribuais avant aux commentaires du Figaro en ligne, probablement car je n'ai jamais osé m'aventurer sur le site de Metro ou celui de Direct Truc.

vendredi 2 avril 2010

Ubuntu One Music Store, l'iTunes-isation de l'OS marron

On a déjà eu l'occasion de l'évoquer, si iTunes est un assez mauvais lecteur de musique, c'est un magnifique magasin en ligne, permettant un lèche-vitrine virtuel assez impressionnant. C'en devient du coup presque un plaisir de regarder les albums disponibles, lire les biographies d'artistes ou écouter les extraits et on serait presque tenté d'aller payer deux fois le prix du même album d'occasion pour des fichiers en compression dégradée, sans la jaquette, et avec le plaisir toujours renouvelé de donner 2/3 de ses sous à Apple.

Bref, avec la volonté déjà affirmée d'Ubuntu de rattraper et de dépasser OS X d'Apple et la nouvelle charte graphique inspirée de la marque à la pomme dévoilée récemment, la nouvelle de l'apparition d'un Ubuntu One Music Store (pour la concision du nom, on repassera) n'a pas vraiment surpris plus que ça.

Votre serviteur ayant installé la beta d'Ubuntu 10.04 "Lucid Lynx", j'ai eu l'occasion du coup de voir l'UOMS (pas génial comme acronyme non plus, hmm) en action dans le lecteur musical par défaut, le sympathique Rhythmbox.

Tout d'abord, ça va, ça s'intègre pas mal.C'est pas non plus génialissime, on avait déja Jamendo et Magnatune en plus, mais ça ne choque pas. Un petit élément en plus dans la liste des sources de musique possible.

La page d'accueil du magasin en question est propre mais pas spécialement fascinante. On est pas vraiment dans un magasin virtuel, plus sur une page web proprement intégrée à un lecteur audio. Bon, au moins ça a l'avantage de ne pas vous baver partout dessus en criant « donne-moi aaargeeeeent ! » comme un Spotify. La page en question affiche le top des albums les plus vendus en Europe (EU Top Store Picks, phrase laissant le doute quant à qui s'occupe de les choisir ces picks), des recommandations, ainsi qu'une liste de genre à découvrir et un champ de recherche pour trouver du Sardou rapidement (amis de la droiture patriote, je vais vous décevoir, il n'y en a pas).

Ubuntu One Music Store

En cliquant sur un album au hasard, on accède à la liste des titres, la possibilité de lire un extrait (démarrage immédiat, bien), la qualité des fichiers proposés (euhh bof) et le prix des chansons à l'unité et pour l'album entier. Et là, aïe.

Definitely Maybe d'Oasis voit chacune de ses 11 chansons coûter 99 centimes à quiconque voudra les télécharger et est disponible, quelle réduction, à 9,79€ l'ensemble. Soit une réduction de 1,10€. Rappelons évidemment que les frais de transport, les intermédiaires, le coût de fabrication de l'ensemble et des matières premières est très important, et que ce prix est déjà très bon. Ah pardon, c'est un album de 1994 qui a été septuple disque de platine dans son pays d'origine (Royaume-Uni, +2,1 millions de copies nous dit Wikipedia). Combien de copies dans les magasins d'occasion ? Combien d'éditions depuis à moins de 10€ ?

Du coup, j'oserais peut-être formuler une hypothèse selon laquelle le prix est complètement déconnecté de la réalité.

Mais vous me direz, « Quel exemple choisi ! Évidemment que cet album est disponible de façon peu onéreuse, il s'en est vendu des palettes entières. » C'est juste. Prenons d'autres exemples.

D'ailleurs ça tombe bien, j'avais envie de vous parler d'autres albums que j'ai été surpris de trouver sur l'UOMS. E is for Everything on Fat Wreck de Bracket et 'Till I Die de Potshot. Un album fourre-tout du plus petit vendeur d'un label punk indépendant américain et le 3è album d'un groupe de ska punk tokyoïte, je dis bravo. Seul problème, ces albums sont vendus respectivement 7,90€ et 7,99€ alors qu'on les trouve, neufs et en version physique, à 8$ pour le premier et 8$ de même pour le second. Hors l'achat en-ligne, c'est avec un intermédiaire supplémentaire.

Après, le fait qu'on trouve toute la discographie de Potshot mais pas un disque de Tool est tellement bizarre que je ne vais pas m'appesantir dessus. On s'en fout, tout le monde sait bien que le ska punk japonais est par essence largement supérieur au métal industriel introspectif états-uniens, c'est un fait.

Enfin, je n'ai même pas touché au point qui me paraît le plus dur à avaler, la qualité proposée. Pour un album d'Oasis sorti il y a 16 ans, on nous propose du mp3 à 192 kb/s. Pareil pour les deux autres albums cités.

Il y a certes des albums en 320 kb/s (Musique Vol. 1 de Daft Punk par exemple), au même prix heureusement, mais pas de lossless à ce que j'ai pu en voir. Et un seul codec disponible, du mp3. La critique est facile et Canonical y a déjà répondu (c'est un choix de 7digital, le prestataire qui fourni l'infrastructure derrière l'UOMS), mais pour un système libre offrir des chansons dans un format propriétaire et breveté alors qu'il existe une alternative libre et de meilleure qualité (ogg vorbis anyone ?) a de quoi faire sourire.

Je veux bien admettre que tout le monde n'a pas une oreille en or, un système audiophile ou considère ne pas faire la différence entre du FLAC et du 192 kb/s, mais il y a quelque chose de génialement et délicieusement rétrograde à proposer des albums à un prix bien supérieur à celui auquel on peut les trouver dans le commerce, sans certains éléments intégraux à l'œuvre (artwork) et dans une qualité amputée.

Ahh mais au moins ma bonne dame, c'est légal !

Bon, c'est vrai, en fin de compte j'ai plus un problème avec la vente de musique en ligne sans valeur ajoutée (avec de la valeur retirée ?) qu'avec l'Ubuntu One Music Store en lui-même qui malgré les défauts que j'ai pu lui trouver à le mérite d'offrir un catalogue assez grand public et sans DRM, et qui devrait rendre l'OS-marron-devenu-violet-et-orange plus agréable au Grand Public, ou en tout cas plus proche d'un OS intégré à la OS X. De plus, rendons à Canonical ce qui est à-Canonical-mais-sous-licence-permissive, la bestiole est encore considérée comme beta, gageons donc que ça va s'améliorer.

Elle a juste tendance à faire perdurer un modèle économique de la musique en ligne basé sur des prix qui refusent de prendre en compte la fin de la rareté et l'avènement de la profusion.

jeudi 11 mars 2010

Aventures avec la VoIP, Android et la freephonie

Malgré différentes recherches, je n'ai rien trouvé de très satisfaisant pour l'instant pour vraiment utiliser SIP sur Android, qui plus est en profitant des possiblités offertes par Free et sa Freephonie, à savoir passer des appels depuis les très nombreux points d'accès wifi freephonie générés par les très nombreuses Freebox…

En théorie, l'idée de tout ce foutoir c'est de pouvoir téléphoner de n'importe où comme si on était sur sa Freebox, c'est à dire avec les mêmes tarifs nationaux (gratuit! gratuit! gratuit!) et internationaux (gratuit ou pas cher), ainsi que de pouvoir appeler les comptes SIP.
Potentiellement, on pourrait même recevoir les appels vers son numéro Freebox sur son téléphone Android. Assez alléchant.

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mercredi 10 mars 2010

Ironie #1

Quel dommage que cette délicieuse ironie échappe à la majorité des passants.

Internet par Orange ?

À moins que le marketing ne cherchait à faire passer un message au SI ?

mardi 20 octobre 2009

Internet, lie du cancer de la perversion de la saloperie humaine (et repaire de videos de chatons)

Loin de moi l'idée de vouloir surfer sur un truc à la mode, mais la petite phrase d'un vieux bien connu me conforte dans une idée qui m'apparaît de plus en plus clairement.

Vous savez, les amis de nos parents qui ont du mal avec leur PC? Non, pas ceux qui se sentent tellement plus smart parce que « eux, ils compris » et qu'ils ont un Mac, les autres. Oui, ceux qui ne comprennent pas pourquoi leur ordinateur met 15 minutes à démarrer « alors qu'il démarrait en 2 minutes il y a un an », ceux qui ont plus d'icônes sur leur bureau qu'on en a sur les bureaux de nos trois ordinateurs combinés, ceux qui ont une application pour absolument chaque usage possible, religieusement installée à partir du CD fourni; ceux qui ont installé des mini jeux et des économiseurs d'écran « gratuits ».

Ce sont ces les mêmes personnes qui sont à l'origine des lois qui gèrent nos vies sur Internet.

Peut-être me trompe-je, c'est entièrement possible.

Mais finalement, la seule raison pour laquelle les geeks sont des geeks c'est avant tout par curiosité, et ensuite par apprentissage et accumulation de savoir et de savoir-faire. Qu'on sache vaguement virer des spywares ou bien scanner un sous-réseau avec nmap, c'est toujours parce qu'on a été confronté à un problème, un besoin, et qu'on a pris les choses en main pour répondre à ce besoin, en apprenant quelque chose de nouveau au passage. On a passé des soirées voir des nuits sur Internet, parfois sans trop savoir pourquoi, à absorber des milliers d'histoires, articles, avis et techniques et quelques années plus tard, on se retrouve avec un savoir qui semble, à nos yeux, somme toute bien limité étant donné la portée de tout ce qu'on sait ignorer, mais qui est déjà non négligeable.

Ce savoir est donc, il faut l'admettre, à des années de celui de nos proches, ce qui explique qu'ils n'aient (parfois) pas conscience des enjeux et des problèmes qu'il y a à être dépendant de solutions propriétaires, des failles de sécurité dans le navigateur qu'ils utilisent pour faire leurs opérations bancaires en ligne ou du fait que leur mails peuvent être lus par qui veut tout au long de leur joyeux voyage dans le réseau.

Si ce sont les mêmes personnes qui sont à la base de la législation touchant aux ordinateurs et à Internet, aussi bien entourées qu'elles soient, il n'est finalement pas surprenant qu'elles prennent des décisions démontrant joyeusement leur incompétence sur le sujet.

Et encore, si les amis-de-nos-parents se sentent le plus souvent perdus et diminués face à la technologie (qui ne fait pas grand chose pour réellement y changer quelque chose il faut dire), ils ne la détestent pas. Ils ne la voient pas comme danger, plus comme une opportunité qui leur échappe en partie, à cause de la simple masse de chose à apprendre. Personne ne leur a jamais appris, ils font comme ils peuvent avec cet outil, le plus compliqué qu'ils aient jamais eu entre les mains, mais le seul pour lequel on ne leur a jamais donné ne serait-ce que les instructions de bases, comme on explique à un enfant comment tenir un clou et un marteau.
Nos représentants sont (pour la plupart) dans la même situation: combien font imprimer leurs mails? combien ont installé eux-même leur *box? combien ont installé une plateforme de blog?

Mais au delà de ça, si on ajoute maintenant à ceci une combinaison du fait que les personnes qui nous gouvernent ont une réelle méfiance de cet ensemble bâtard de technologies qu'on appelle Internet, car trop éloigné de leur conception ordonnée et acceptée des rapports humains, et qu'elles sont de plus (ouvertement) influencées par des personnes qui ont intérêt à réduire la portée disruptive du bâtard en question au plus proche de zéro, on comprend vite comment on arrive à des trucs comme la Haute Autorité pour la Diffusion des Œuvres et la Protection des droits sur Internet.

Qu'en conclure?
Déjà, qu'il importe de prendre en compte le niveau de connaissance technique — souvent dramatiquement bas, voir à ce sujet la vidéo où les députés répondent à la question « Savez-vous ce qu'est le peer-to-peer? » — dans le jugement qu'on fait de l'approche que nos représentants ont de la politique à adopter vis-à-vis d'Internet. C'est dur, mais il faut leur accorder un bénéfice du doute technologique et accepter que notre savoir sur la question nous donne une perception bien plus fine et profonde des enjeux.

Deuxièmement, que le lobbying sans limite est une des causes les plus crasses du déni de démocratie auquel nous sommes confrontés. Je ne sais pas comment y répondre et je sais que j'enfonce une porte ouverte. La seule réponse à ça c'est l'éducation et le partage des connaissances permettant d'apprécier les enjeux.

À ce titre, la Quadrature fait clairement un travail qui va dans le bon sens. Mais que faire de plus?

Peut-être commencer par (ré)enseigner par la base le fonctionnement, l'utilisation et par extension, ensuite, les enjeux associés aux ordinateurs et à Internet.

S'il est particulièrement important de donner au grand public le moyen de prendre ses décisions vis-à-vis de la technologie, afin que celle-ci soit ne soit plus quelque chose contre laquelle on lutte mais quelque chose grâce à laquelle de nouvelles possibilités s'ouvrent (libérer l'utilisateur diraient certains), ce travail d'éducation devient crucial quand il s'agit de nos représentants, députés, maires ou ministres, qui à partir de leur savoir se retrouvent à prendre des décisions dont la portée dépasse leur compréhension du sujet.

mardi 13 octobre 2009

Extensions Firefox (ou IceWeasel pour toi là-bas qui t'énerve dans le coin)

Bon, ça y est, je suis officiellement un blogueur geekz0r. Non, je ne reçois pas des invitations pour des salons où sont exposés de nouveaux machins brillants et chers. Non, je n'ai pas 35 trackers web pour savoir qui vient sur mon site et donner plein d'infos à mon copain Google (ptêtre un peu parano cette phrase, admettons).

Non, c'est bien plus simple que ça : j'ai une liste d'extensions Firefox (oui IceWeasel, je sais) préférées.

Pas mal hein. Surtout pour un mec qui utilise normalement Opera (disclaimer: sapusaipalibre).

Voici donc, pour toi personne pratiquant la lecture de ce blog (hop, pas de sexisme), la fameuse liste d'un ennui avéré est :

  • Adblock Plus : Pour virer efficacement les pubs, accélérer la navigation et protéger sa vie privée. ABP for the win comme disent les jeunes. On n'oublie pas de choisir la liste fr si on parle et lit le fr au premier lancement.
  • Better Privacy : Plein d'options pour sa vie privée, chouette! La vie privée c'est bon, mangez-en! Ne mangez pas les super cookies par contre, Better Privacy les met à la poubelle pour votre sécurité.
  • NoScript : Interdit aux sites de faire ce qu'ils veulent avec du javascript en leur laissant faire, hmm, rien. Rend la navigation un peu galère au début, le temps de décider des sites qui ont le droit de mettre du javascript dans la soupe, mais après… on trouve toujours de nouveaux sites qu'il faut autoriser. Bon ouais, ça protège bien mais je le recommanderais pas à Maman.
  • Ghostery : Pour savoir qui te suit sur tous ces beaux sites que tu visites. Et en plus l'icône semble sortie de PacMan. Une affaire.
  • RequestPolicy : Permet de dire « C'est moi qui décide. » (ne permet pas encore de dire « C'est moi qui décide, na! » mais c'est dans la roadmap). Autorise ou bloquer les appels entre sites afin d'éviter de charger des trucs en plus et, vous l'avez deviné, d'être suivi entre les sites. Dispose d'une petite icône en forme de drapeau communiste tout a fait charmante.
  • TrackMeNot : Comment ça je suis parano? TrackMeNot génère des requêtes de recherche bidons pour lisser le profil que les moteurs de recherche créent de leurs utilisateurs. Je ne me savais pas si intéressé par Rihanna et Oprah Winfrey ces derniers temps tiens.

Les extensions suivantes sont plus sympa, c'est promis. Et par « plus sympa » je veux dire « vous rappelleront moins que nous vivons dans une Vaste Machine pseudo orwellienne ». Je suis sympa je sais.

  • ChromaTabs Plus: Tu aimes les couleurs? Tu aimes les onglets? Si tu as plus de 6 mois et que tu ne vis pas en 97, ta réponse est oui aux deux questions et les onglets en couleur te permettront de mieux t'y retrouver dans tes montagnes d'onglets ouverts ainsi que de mettre un peu de couleur dans ta vie et éviter de déprimer dès le lundi matin au bureau et d'aller raconter tes malheurs à Floutard de la compta alors que tout le monde sait que c'est une langue de pute et qu'il balancera tout à Ranu. On t'avait prévenu portant.
  • TabMix Plus : Vu que tu aimes les onglets, j't'en met 6 palettes. Enfin deux extensions pour onglets en fait. Permet de gérer plus finement les onglets et dispose d'un gestionnaire de session particulièrement bien gaulé qui rattrape toutes les sessions plantées du monde (ceci n'est pas un engagement contractuel).
  • Lazarus : En parlant de rattraper les trucs perdu, attention gros gros kiffe, cette extension permet de récupérer tout texte entré dans un formulaire. Que Firefox plante, que la session de Yahoo mail se termine alors que tu cherches à envoyer ton mail, que ton ordi brûle (pas dit ça), ou le spécial de la maison, que tu oublies que tu es en azerty et non en bépo et penses faire ctrl+a pour sélectionner ton texte dans le but de le copier avant de le poster et te retrouve à faire à la place ctrl+q, le Q et le A partageant la même touche facétieuse, Lazarus sera là pour ressusciter le fruit de ton intellect et t'éviter d'être d'humeur à tuer un animal mignon pendant une demie-heure. Et non, « je suis sous Gmail » n'est pas une bonne raison, à moins que tu n'entres du texte *que* dans les formulaires de Gmail. Et dans ce cas là tu es une personne un peu triste sur l'Internet. Cette extension est plus importante que Jésus et Allah réunis. (J'espère que cette combinaison de mots clés m'attirera des visiteurs marrants.)
  • TiniEye : La recherche d'image, ça marche. Cool! Ok, ça veut dire que la photo-identification systématique par videosurveillance aussi, mais pour toi, ami/e geek, ça veut dire que tu peux enfin retrouver l'image de fond d'écran dans ce putain de bureau windows trop stylé que t'as vu sur infos du net. Clique droit sur une image, trouver les images similaires, et hop.


Je pense que l'extension FBEye doit fonctionner un peu pareil mais avec photos de méchants fichés, et affiche les recherche en temps réel avec des centaines d'images qui défilent, parce que clairement c'est la meilleure façon d'afficher une recherche, comme dans CSI : Miami.
Désolé. Le jeu de mot était tentant.

  • FireGestures ou Mouse Gestures Redox : Opera, c'est cool. Mais Opera ne sait pas faire tout ces trucs parano. Alors pour recréer mon petit univers Opera dans Firefox (on arrête avec IceWeasel mainenant ok?) j'installe FireGestures pour avoir des raccourcis souris qui me sauvent la vie. En plus les souris c'est cool alors bon.
  • Dictionnaire Hunspell Français : Il est gratuit, donc venez pas nous dire que ça vous coûte quoi que ce soit d'écrire correctement. Sinon on fera un concours pour offrir un Bescherelle. Ou un lien vers leconjugueur.com. Enfin faites quelque chose quoi. (À commencer par me corriger si je fais des fautes, charité bien ordonnée commence par une bonne comptabilité en partie double.)
  • Weave : Un peu comme OperaUnite (dont je ne me suis jamais servi), permet de gérer tous ses onglets, marque-pages, historiques, mot de passes etc. entre ses différentes instances de Firefox, à la maison et au bureau par exemple. Après ça marche trop bien étant donné que j'arrive pas à synchronisé entre le Mac au bureau et l'OS du bien à la maison.

et enfin, le plus rigolo, celui que ta petite cousine veut :

  • Personas : Change l'apparence de ton petit panda roux en temps réel! (Si c'est pas web 2.0 ça). Permet de foutre Foxkeh sur ton navigateur en un clic. Respect. Ta petite cousine le veut. Ton petit cousin aussi. Et toi aussi, secrètement, tu veux Foxkeh. Il n'y a pas de honte, il a été conçu par nos amis de l'Archipel dans ce but exact. Assume ta faiblesse face au marketing à petits animaux anthropomorphes, ça ne fait pas de toi un furry.

BONUS parano :

  • Remplacer la recherche Google de base par une recherche Scroogle, la même sans le suivi (et en un peu plus moche, même si certains diront que Google fait déjà très moche sans l'aide de personne).
  • Ou par une recherche IxQuick (en HTTPS, évidemment), IxQuick qui se targue de ne plus loguer les IP et de respecter la vie privée tout ça. Quel intérêt, vous-avez quelque chose à cacher vous?
  • Tu es un/e vrai/e cryptogeek, mais tu n'as pas accès à ton Thunderbird avec Enigmail partout? Qu'a cela ne tienne, ton copain Internette à la solution. Installe FireGPG pour pouvoir continuer à lire tes mail chiffrés même dans ton vilain webmail qui ne comprend pas les clés publiques et privées alors que pourtant GPG ça date de 1991 alors sérieux il pourrait faire un effort en même temps personne t'envoie de courriels chiffrés mais bon c'est par principe et les principes c'est important. Nécessite GPG d'installé pour fonctionner. Ah ouais, vu comme ça c'est moins utile déjà.
  • TorButton évidemment! Combiné à un installation de Tor/Privoxy (et Vidalia pour ceux qui sont sous un OS sale), permet de surfer sur la vague de l'Internet de façon anonyme, un peu comme un surfer ninja quoi. Mais on reparlera sûrement de Tor dans un prochain billet.

Voilà. Et tout ça c'est que les trucs utiles.

Sinon il y en a des tonnes d'autres, mais le je vous laisse les installer selon vos besoins. Et les partager avec nous dans les commentaires.

samedi 10 octobre 2009

The most funnestest iPod ever. Like, for real.

Whoever is responsible for this grammatical horror

…needs to be shot. Now.

Isn't lowering the recording industry's standards enough for you Apple?[1] Do you need to also kill the already low spelling standards of the American youth?

How evil art thou.

Notes

[1] I'm talking about the fact that records are now often mixed and mastered to lower standards as not all engineers can be bothered to work hard knowing lossy codecs and iPod earphones are how their work will end up being listened to anyway.

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