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samedi 23 octobre 2010

Petit vade-mecum de la technologie 2.0-mon-cul-sur-la-commode à l'usage des journalistes sommés d'écrire sur l'Internette, Apple et les sujets y atenants sans vraiment y connaître forcément grand chose.

Mesdames et Messieurs les journalistes,

Apple ayant annoncé de nouveaux produits, vous allez incessamment oublier en quoi consiste votre métier et vous mettre à hurler au génie sortant d'une lampe en alu brossé.

Pour vous permettre de survivre dans la jungle qu'est la technologie aujourd'hui, j'ai mis au point pour vous une petite liste de choses à savoir et à connaître pour ne pas dire et répéter des demie-vérités et des annonces marketings à tout va dans vos articles.

Si vous ne comprenez pas les termes employés ici, alors vraiment vous ne devriez même pas envisager d'écrire des articles sur ces sujets.

Version résumée ci-après, version complète en cliquant sur « lire la suite ».

Internet ≠ web

Internet est un réseau décentralisé d'ordinateurs qui utilisent plusieurs protocoles (des langues différentes) pour effectuer différentes actions.

Le web est une sous-partie d'Internet, c'est la collection de pages web reliées entre elles par des liens, rendue possible grâce à la mise en œuvre du concept d'hypertexte.

Le web fait partie d'Internet, mais Internet est beaucoup plus que juste le web (c'est aussi les mails, les échanges de pair à pair, la messagerie instantanée, les jeux en réseau, etc.)

Digital = numérique

Les choses digitales ont rapport aux doigts.

Vous pensez sûrement à numérique, « qui a rapport à la technologie non-analogique », pour décrire tout ce qui est issu de l'informatique et de la révolution qui en découle.

Support = assistance

Un support est un objet sur lequel on en pose un autre.

Vous pensez à assistance, aide ou peut-être soutien.

Mac = PC
 (ou encore: ordinateur ≠ système d'exploitation)

Les Macs ne sont plus différents des PC depuis qu'ils utilisent les processeurs Intel (et l'architecture x86).

Le fait qu'ils utilisent un OS autre que Windows ne fait pas d'eux autre chose que des PCs pour autant, sinon tous les ordinateurs personnels vendus avec autre chose que Windows ne seraient pas des PCs non plus.

Les Macs sont des PCs assemblés par Apple, utilisant un système d'exploitation créé par Apple, OS X (prononcé « ohh ess disse »).

Rentrer dans le jeu de la marque en créant une catégorie informatique à part pour un seul constructeur est abusif.

Apple n'est pas forcément l'innovateur nº 1 mondial

Apple crée des événements plus que des produits. Les produits sont le signe extérieur que l'on a compris l'importance de l'événement. En voulant montrer à tous qu'ils ont compris l'importance de l'événement et en en parlant en long et en large, les journalistes donnent alors son importance à l'événement dans ce qui devient une prophétie auto-réalisatrice.

Virus informatique ≠ virus Windows

Les virus touchent quasiment toujours Windows car 1/ c'est le système le plus répandu, 2/ c'est un système plein de failles.

Ils ne touchent le plus souvent pas les autres systèmes et les « problèmes de virus » sont généralement des problèmes exclusifs à Windows.

Il est donc stupide et abusif de considérer ces problèmes comme inévitables et universels, et la meilleure recommandation est de ne pas utiliser un système avec autant de failles, et non pas d'y coller des rustines à n'en plus finir.

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jeudi 8 juillet 2010

Pluzz, systèmes libres et interopérabilité (ce titre vend du rêve)

Le lancement récent de Pluzz, la télévision de rattrapage de France Télévision, et son incompatibilité avec les ordinateurs utilisant des systèmes libres (comme Ubuntu), me donne l'occasion de revenir sur quelques notions trop souvent mal comprises du Grand Public (ne t'inquiète pas Grand Public, je t'aime quand même), comme l’interopérabilité et dans une moindre mesure le service public.

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vendredi 2 avril 2010

Ubuntu One Music Store, l'iTunes-isation de l'OS marron

On a déjà eu l'occasion de l'évoquer, si iTunes est un assez mauvais lecteur de musique, c'est un magnifique magasin en ligne, permettant un lèche-vitrine virtuel assez impressionnant. C'en devient du coup presque un plaisir de regarder les albums disponibles, lire les biographies d'artistes ou écouter les extraits et on serait presque tenté d'aller payer deux fois le prix du même album d'occasion pour des fichiers en compression dégradée, sans la jaquette, et avec le plaisir toujours renouvelé de donner 2/3 de ses sous à Apple.

Bref, avec la volonté déjà affirmée d'Ubuntu de rattraper et de dépasser OS X d'Apple et la nouvelle charte graphique inspirée de la marque à la pomme dévoilée récemment, la nouvelle de l'apparition d'un Ubuntu One Music Store (pour la concision du nom, on repassera) n'a pas vraiment surpris plus que ça.

Votre serviteur ayant installé la beta d'Ubuntu 10.04 "Lucid Lynx", j'ai eu l'occasion du coup de voir l'UOMS (pas génial comme acronyme non plus, hmm) en action dans le lecteur musical par défaut, le sympathique Rhythmbox.

Tout d'abord, ça va, ça s'intègre pas mal.C'est pas non plus génialissime, on avait déja Jamendo et Magnatune en plus, mais ça ne choque pas. Un petit élément en plus dans la liste des sources de musique possible.

La page d'accueil du magasin en question est propre mais pas spécialement fascinante. On est pas vraiment dans un magasin virtuel, plus sur une page web proprement intégrée à un lecteur audio. Bon, au moins ça a l'avantage de ne pas vous baver partout dessus en criant « donne-moi aaargeeeeent ! » comme un Spotify. La page en question affiche le top des albums les plus vendus en Europe (EU Top Store Picks, phrase laissant le doute quant à qui s'occupe de les choisir ces picks), des recommandations, ainsi qu'une liste de genre à découvrir et un champ de recherche pour trouver du Sardou rapidement (amis de la droiture patriote, je vais vous décevoir, il n'y en a pas).

Ubuntu One Music Store

En cliquant sur un album au hasard, on accède à la liste des titres, la possibilité de lire un extrait (démarrage immédiat, bien), la qualité des fichiers proposés (euhh bof) et le prix des chansons à l'unité et pour l'album entier. Et là, aïe.

Definitely Maybe d'Oasis voit chacune de ses 11 chansons coûter 99 centimes à quiconque voudra les télécharger et est disponible, quelle réduction, à 9,79€ l'ensemble. Soit une réduction de 1,10€. Rappelons évidemment que les frais de transport, les intermédiaires, le coût de fabrication de l'ensemble et des matières premières est très important, et que ce prix est déjà très bon. Ah pardon, c'est un album de 1994 qui a été septuple disque de platine dans son pays d'origine (Royaume-Uni, +2,1 millions de copies nous dit Wikipedia). Combien de copies dans les magasins d'occasion ? Combien d'éditions depuis à moins de 10€ ?

Du coup, j'oserais peut-être formuler une hypothèse selon laquelle le prix est complètement déconnecté de la réalité.

Mais vous me direz, « Quel exemple choisi ! Évidemment que cet album est disponible de façon peu onéreuse, il s'en est vendu des palettes entières. » C'est juste. Prenons d'autres exemples.

D'ailleurs ça tombe bien, j'avais envie de vous parler d'autres albums que j'ai été surpris de trouver sur l'UOMS. E is for Everything on Fat Wreck de Bracket et 'Till I Die de Potshot. Un album fourre-tout du plus petit vendeur d'un label punk indépendant américain et le 3è album d'un groupe de ska punk tokyoïte, je dis bravo. Seul problème, ces albums sont vendus respectivement 7,90€ et 7,99€ alors qu'on les trouve, neufs et en version physique, à 8$ pour le premier et 8$ de même pour le second. Hors l'achat en-ligne, c'est avec un intermédiaire supplémentaire.

Après, le fait qu'on trouve toute la discographie de Potshot mais pas un disque de Tool est tellement bizarre que je ne vais pas m'appesantir dessus. On s'en fout, tout le monde sait bien que le ska punk japonais est par essence largement supérieur au métal industriel introspectif états-uniens, c'est un fait.

Enfin, je n'ai même pas touché au point qui me paraît le plus dur à avaler, la qualité proposée. Pour un album d'Oasis sorti il y a 16 ans, on nous propose du mp3 à 192 kb/s. Pareil pour les deux autres albums cités.

Il y a certes des albums en 320 kb/s (Musique Vol. 1 de Daft Punk par exemple), au même prix heureusement, mais pas de lossless à ce que j'ai pu en voir. Et un seul codec disponible, du mp3. La critique est facile et Canonical y a déjà répondu (c'est un choix de 7digital, le prestataire qui fourni l'infrastructure derrière l'UOMS), mais pour un système libre offrir des chansons dans un format propriétaire et breveté alors qu'il existe une alternative libre et de meilleure qualité (ogg vorbis anyone ?) a de quoi faire sourire.

Je veux bien admettre que tout le monde n'a pas une oreille en or, un système audiophile ou considère ne pas faire la différence entre du FLAC et du 192 kb/s, mais il y a quelque chose de génialement et délicieusement rétrograde à proposer des albums à un prix bien supérieur à celui auquel on peut les trouver dans le commerce, sans certains éléments intégraux à l'œuvre (artwork) et dans une qualité amputée.

Ahh mais au moins ma bonne dame, c'est légal !

Bon, c'est vrai, en fin de compte j'ai plus un problème avec la vente de musique en ligne sans valeur ajoutée (avec de la valeur retirée ?) qu'avec l'Ubuntu One Music Store en lui-même qui malgré les défauts que j'ai pu lui trouver à le mérite d'offrir un catalogue assez grand public et sans DRM, et qui devrait rendre l'OS-marron-devenu-violet-et-orange plus agréable au Grand Public, ou en tout cas plus proche d'un OS intégré à la OS X. De plus, rendons à Canonical ce qui est à-Canonical-mais-sous-licence-permissive, la bestiole est encore considérée comme beta, gageons donc que ça va s'améliorer.

Elle a juste tendance à faire perdurer un modèle économique de la musique en ligne basé sur des prix qui refusent de prendre en compte la fin de la rareté et l'avènement de la profusion.