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Tag - incohérence

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lundi 10 janvier 2011

Mauvaise raison de manger les animaux n°4 : « Mais c'est si bon ! » (ou « Mais c'est trop difficile d'arrêter »)

Ces jours-ci sort Faut-il Manger les Animaux de l'auteur Jonathan Safran Sfoer[1][2], un livre qui comme Bidoche, sorti il y a un peu plus d'un an, aura l'effet salutaire de remettre la question de la place des animaux (et plus particulièrement celle de leur consommation) dans le débat public en tant que réelle question de société.
Ça c'est le bon côté.

Le mauvais côté, c'est l'avalanche prévisible de réactions au livre qui vont donner peu ou prou ceci : « Oh quand même, abandonner complètement la viande… Je veux bien en manger moins, c'est vrai que c'est pas génial d'en manger trop, mais arrêter complètement, c'est trop difficile. ».
Ou le plus simple « C'est vrai que c'est pas super, mais c'est si bon ! ».

Je suis le premier à admettre que ce que nous mangeons est une part forte de notre identité (assez paradoxalement d'ailleurs, considérant que dans notre vaste majorité nous n'avons justement pas choisi ce que nous mangeons ni notre culture culinaire qui sont issus des choix et habitudes de nos parents) et que toucher à ce que nous mangeons c'est toucher à des définitions de notre personne qui remontent à l'enfance, là où notre identité se crée.

Je suis tout à fait d'accord que la pression sociale ne joue pas dans le bon sens en France, où « ne pas manger d'animaux » est une position vue comme rare et très minoritaire.[3]
J'ai pratiqué.

J'accepte qu'il n'est pas aisé de changer ses habitudes, qui plus est alimentaires, et que c'est d'autant plus le cas lorsqu'on n'a pas eu la chance d'avoir une réelle éducation culinaire et que l'on ne sait pas vraiment se faire à manger.

Je veux même bien admettre que nous sommes des créatures rassurées par le confort de la répétition et de l'habitude, et que du coup, ne pas manger de viande oulalah c'est quand même difficile.[4]

Mais imaginez un seul instant qu'on utilise la même excuse dans d'autres cas.

« Oh, je sais que je devrais moins manger pour perdre du poids et arrêter d'être obèse, mais c'est trop difficile de résister ! »
Quolibets de l'assemblée.

Ou pire (histoire de bien provoquer tout le monde et faire hurler ce qui ne comprennent pas qu'un argument, s'il est mauvais, peut permettre de justifier des choses atroces), avec la pédophilie[5]. Envisageons un instant un « C'est vrai que ça fait souffrir, mais c'est si bon ! » de la bouche d'un détraqué.

Les gens crieraient au scandale, voire à l'oblitération violente pure et simple des personnes se justifiant ainsi dans le cas de nos concitoyens en faveur de méthodes judiciaires d'un autre temps.

Et ils auraient raison. (Pas pour la mise à mort hein…)

Ce qui m'écœure, c'est lorsqu'on est dans le domaine des autres animaux par contre, le même argument est toléré, voire joyeusement accepté. (Et souvent enchaînés d'autres Mauvaises Raisons ©)

Il y a quelque chose de salement lâche à ne pas avoir le courage, même pas de ses convictions, non… juste de ses conclusions intellectuelles.
C'est ne pas être capable d'assumer la conclusion de sa réflexion sur une chose aussi simple que « ne pas manger quelques trucs » au prétexte qu'elle incommode nos habitudes et notre plaisir gustatif.

Et ça, pas mal de gens vont s'en rendre coupable ces prochains jours, je le sens bien.

Notes

[1] Je cherchais un lien en rapport mais 1/ le site de l'auteur a été suspendu par son hébergeur, 2/ le site de son éditeur français est en Flash tout chiant donc impossible de lier directement vers le livre, et 3/ je n'ai pas envie de pointer vers un vendeur plus qu'un autre pour vous proposer de l'acheter.

[2] Une bonne critique du livre sur Le Monde.

[3] Ce qui n'est que partiellement vrai étant donné que plus d'un million de Français sont végétariens aux dernières nouvelles.

[4] Sans même rentrer dans le cas des « végétariens » qui mangent sans sourciller oiseaux, poissons, etc. qui, c'est bien connu, ne sont pas des animaux.

[5] Y'a pas une règle d'Internet comme le Point Godwin pour ce qui est de la pédophilie d'ailleurs ? Je me sens presque coupable de prendre cette horreur comme exemple tiens…

jeudi 3 juin 2010

Des limites de la gentillesse bien pensante

Il y a quelques mois, en traînant sur un réseau social bien connu, un groupe sarcastique a été porté à ma connaissance : Pourquoi ne pourrait-on pas manger les chiens ?.

Bonne question, à laquelle je vous laisse le soin de répondre et d'en tirer les conclusions logiques.
Chose que visiblement, les détracteurs dudit groupe n'ont pas essayé de faire.

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