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dimanche 6 mai 2012

Jour de vote, de la musique pour survivre

À chaque élection c'est pareil, toutes mes énergies démocratiques sont usées par les fanatiques des différents partis et candidats, les concessions que les unes et les autres font au nom du pragmatisme ou du « vote utile », les raccourcis intellectuels et les syllogismes, et plus généralement l'ambiance générale de fausse honnêteté et de cynisme.

Pour tenir, la musique fait des merveilles.

Voici donc quelques chansons…

Le plus radical, le moins fin, mais qui fait plaisir :
Vulgaires Machins : Un Vote de Moins

Un vote de moins un vote de moins
Un vote de moins le mien
Mangez donc un gros char de marde
ça va vous faire du bien
Un vote de moins
Pour ce beau pays de crétins

C'est pas du Bourdieu, mais c'est direct.

Pour se rassurer sur le fait qu'au moins, la responsabilité démocratique est partagée entre de nombreux citoyen/nes qui réfléchissent ensemble à l'avenir de la société :
Frenzal Rhomb : I'm a Backwards Fucken Useless Piece of Dogshit and I Vote

Should have had a billboard poster that says
I'm a backwards fucken retard useless piece of dogshit...and I vote

La finesse toujours, mais parfois quand je vois le processus de réflexion de certaines personnes qui les mène à voter…

Sur l'éléction en général, Paint it Black a aussi son mot à dire.
Paint it Black : Election Day

Last call for the bloodsuckers, cheaters, and parasites. You've been relieved of duty, so let's call it a night.

Et enfin, la palme du bon sens revient (comme souvent) à Propagandhi, avec the State Lottery :

Does it seem strange to you, the confetti, the balloons, the mile-wide grins?
The victory dance to welcome in the heir to a state of disrepair
'Cause it sure seems strange to me
They're acting like they won the lottery
Shouldn't they feel terror at the task that lies ahead?
To feed and house the people this system's left for dead?

À chantonner en tentant de garder son calme ce soir, en voyant les milliers de personnes qui se réjouiront et danseront parce que « leur » candidat aura gagné, et retourneront à leur vie le lendemain, laissant à ces « grands hommes »[1] le soin de régir leur avenir.

Notes

[1] Hommes évidemment, il paraît que les femmes ne dégagent pas une image de pouvoir.

vendredi 2 avril 2010

Ubuntu One Music Store, l'iTunes-isation de l'OS marron

On a déjà eu l'occasion de l'évoquer, si iTunes est un assez mauvais lecteur de musique, c'est un magnifique magasin en ligne, permettant un lèche-vitrine virtuel assez impressionnant. C'en devient du coup presque un plaisir de regarder les albums disponibles, lire les biographies d'artistes ou écouter les extraits et on serait presque tenté d'aller payer deux fois le prix du même album d'occasion pour des fichiers en compression dégradée, sans la jaquette, et avec le plaisir toujours renouvelé de donner 2/3 de ses sous à Apple.

Bref, avec la volonté déjà affirmée d'Ubuntu de rattraper et de dépasser OS X d'Apple et la nouvelle charte graphique inspirée de la marque à la pomme dévoilée récemment, la nouvelle de l'apparition d'un Ubuntu One Music Store (pour la concision du nom, on repassera) n'a pas vraiment surpris plus que ça.

Votre serviteur ayant installé la beta d'Ubuntu 10.04 "Lucid Lynx", j'ai eu l'occasion du coup de voir l'UOMS (pas génial comme acronyme non plus, hmm) en action dans le lecteur musical par défaut, le sympathique Rhythmbox.

Tout d'abord, ça va, ça s'intègre pas mal.C'est pas non plus génialissime, on avait déja Jamendo et Magnatune en plus, mais ça ne choque pas. Un petit élément en plus dans la liste des sources de musique possible.

La page d'accueil du magasin en question est propre mais pas spécialement fascinante. On est pas vraiment dans un magasin virtuel, plus sur une page web proprement intégrée à un lecteur audio. Bon, au moins ça a l'avantage de ne pas vous baver partout dessus en criant « donne-moi aaargeeeeent ! » comme un Spotify. La page en question affiche le top des albums les plus vendus en Europe (EU Top Store Picks, phrase laissant le doute quant à qui s'occupe de les choisir ces picks), des recommandations, ainsi qu'une liste de genre à découvrir et un champ de recherche pour trouver du Sardou rapidement (amis de la droiture patriote, je vais vous décevoir, il n'y en a pas).

Ubuntu One Music Store

En cliquant sur un album au hasard, on accède à la liste des titres, la possibilité de lire un extrait (démarrage immédiat, bien), la qualité des fichiers proposés (euhh bof) et le prix des chansons à l'unité et pour l'album entier. Et là, aïe.

Definitely Maybe d'Oasis voit chacune de ses 11 chansons coûter 99 centimes à quiconque voudra les télécharger et est disponible, quelle réduction, à 9,79€ l'ensemble. Soit une réduction de 1,10€. Rappelons évidemment que les frais de transport, les intermédiaires, le coût de fabrication de l'ensemble et des matières premières est très important, et que ce prix est déjà très bon. Ah pardon, c'est un album de 1994 qui a été septuple disque de platine dans son pays d'origine (Royaume-Uni, +2,1 millions de copies nous dit Wikipedia). Combien de copies dans les magasins d'occasion ? Combien d'éditions depuis à moins de 10€ ?

Du coup, j'oserais peut-être formuler une hypothèse selon laquelle le prix est complètement déconnecté de la réalité.

Mais vous me direz, « Quel exemple choisi ! Évidemment que cet album est disponible de façon peu onéreuse, il s'en est vendu des palettes entières. » C'est juste. Prenons d'autres exemples.

D'ailleurs ça tombe bien, j'avais envie de vous parler d'autres albums que j'ai été surpris de trouver sur l'UOMS. E is for Everything on Fat Wreck de Bracket et 'Till I Die de Potshot. Un album fourre-tout du plus petit vendeur d'un label punk indépendant américain et le 3è album d'un groupe de ska punk tokyoïte, je dis bravo. Seul problème, ces albums sont vendus respectivement 7,90€ et 7,99€ alors qu'on les trouve, neufs et en version physique, à 8$ pour le premier et 8$ de même pour le second. Hors l'achat en-ligne, c'est avec un intermédiaire supplémentaire.

Après, le fait qu'on trouve toute la discographie de Potshot mais pas un disque de Tool est tellement bizarre que je ne vais pas m'appesantir dessus. On s'en fout, tout le monde sait bien que le ska punk japonais est par essence largement supérieur au métal industriel introspectif états-uniens, c'est un fait.

Enfin, je n'ai même pas touché au point qui me paraît le plus dur à avaler, la qualité proposée. Pour un album d'Oasis sorti il y a 16 ans, on nous propose du mp3 à 192 kb/s. Pareil pour les deux autres albums cités.

Il y a certes des albums en 320 kb/s (Musique Vol. 1 de Daft Punk par exemple), au même prix heureusement, mais pas de lossless à ce que j'ai pu en voir. Et un seul codec disponible, du mp3. La critique est facile et Canonical y a déjà répondu (c'est un choix de 7digital, le prestataire qui fourni l'infrastructure derrière l'UOMS), mais pour un système libre offrir des chansons dans un format propriétaire et breveté alors qu'il existe une alternative libre et de meilleure qualité (ogg vorbis anyone ?) a de quoi faire sourire.

Je veux bien admettre que tout le monde n'a pas une oreille en or, un système audiophile ou considère ne pas faire la différence entre du FLAC et du 192 kb/s, mais il y a quelque chose de génialement et délicieusement rétrograde à proposer des albums à un prix bien supérieur à celui auquel on peut les trouver dans le commerce, sans certains éléments intégraux à l'œuvre (artwork) et dans une qualité amputée.

Ahh mais au moins ma bonne dame, c'est légal !

Bon, c'est vrai, en fin de compte j'ai plus un problème avec la vente de musique en ligne sans valeur ajoutée (avec de la valeur retirée ?) qu'avec l'Ubuntu One Music Store en lui-même qui malgré les défauts que j'ai pu lui trouver à le mérite d'offrir un catalogue assez grand public et sans DRM, et qui devrait rendre l'OS-marron-devenu-violet-et-orange plus agréable au Grand Public, ou en tout cas plus proche d'un OS intégré à la OS X. De plus, rendons à Canonical ce qui est à-Canonical-mais-sous-licence-permissive, la bestiole est encore considérée comme beta, gageons donc que ça va s'améliorer.

Elle a juste tendance à faire perdurer un modèle économique de la musique en ligne basé sur des prix qui refusent de prendre en compte la fin de la rareté et l'avènement de la profusion.