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jeudi 8 juillet 2010

Pluzz, systèmes libres et interopérabilité (ce titre vend du rêve)

Le lancement récent de Pluzz, la télévision de rattrapage de France Télévision, et son incompatibilité avec les ordinateurs utilisant des systèmes libres (comme Ubuntu), me donne l'occasion de revenir sur quelques notions trop souvent mal comprises du Grand Public (ne t'inquiète pas Grand Public, je t'aime quand même), comme l’interopérabilité et dans une moindre mesure le service public.

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lundi 19 avril 2010

Internet est une salle de rédaction géante ! (et j'ai le numéro du rédac' chef)

C'est en tout cas ce que semble penser une partie de l'administration et du gouvernement.

À en croire cet amusant article de Numérama, de nombreux sites du gouvernements « interdisent » que l'on crée des liens vers leur site.

Amusant n'est peut-être pas le mot d'ailleurs, effarant est mieux choisi.

En effet, ces mises en garde vides de toute substance montrent surtout une incompréhension fondamentale du web : d'une part je propose mon contenu à tous et à toutes, sur un serveur répondant aux demandes sans discrimination [1], mais de l'autre j'estime naturel de décider de qui va faire référence à moi ailleurs.

C'est un peu comme avoir une discussion publique à la boulangerie mais refuser que quelqu'un face référence à cette discussion par la suite chez le primeur.

Cette incompréhension me rappelle des propos tenus récemment sur France Inter par Jean-François Lamour, député de Paris, au sujet des blogs. Réagissant vivement à ce qu'une partie de notre majorité parlementaire, les Pierre Richard de l'Internette, à décrié comme La Rumeur™, ce joyeux drille s'offusquait à l'idée qu'un blog puisse publier ce qu'il veut, en ces termes (que je cite de mémoire, l'émission n'étant plus téléchargeable) :
« Mais, il doit bien y avoir des modérateurs ! Un site comme LeMonde.fr ou Liberation.fr ne peut pas publier n'importe quoi, il y a quelqu'un à qui on peut s'adresser pour faire retirer les contenus problématiques. ». [2]

Le fond du problème est là, ces gens qui font les lois sont encore dans une optique de salle de rédaction dont sort l'info et que l'on peut, si ce n'est contrôler, au moins amadouer, menacer ou faire trembler. C'est dans tous les cas une entité à une seule tête, plusieurs entités en comptant différentes salle de rédaction, mais identifiable, identifiée et à qui l'on peut facilement demander des comptes.

Hors avec Internet, la réalité est autre. On est face à une hydre, un journal anarchique (pensez Proudhon, pas chaos) aux milliers de rédacteurs, chacun avec leur propre presse.

Faisant montre d'incompréhension quand Laurianne Deniau, la représentante des jeunes socialistes en face de lui tentait de lui expliquer que non, tous les blogs n'avaient pas de modérateurs, car une très grande partie d'entre eux sont auto-publiés ou publié sur des plateformes (qui peuvent en effet appartenir au Monde, à Libération, etc.) et n'ont donc aucunement les moyens, ni parfois même l'envie, de modérer eux-mêmes 24h sur 24 leur blog, je propose à mon copain JF d'imaginer qu'il veut, concrètement, modérer les propos de tous ses concitoyens.

Et il a raison.
Clairement, l'époque infâme de la Rumeur, des potins, des ouï-dire et des nouvelles croustillantes de bas étage pullulant et s'infiltrant dans les esprits de nos concitoyens doit toucher à sa fin.
Mettons des modérateurs dans toutes les boulangeries, que se taise enfin la voix persifflante du ragot populaire.

Comme disait l'autre, la liberté d'expression plaisait bien tant qu'elle était théorique, maintenant qu'elle devient concrète, elle fait peur.

Notes

[1] On va pas rentrer dans un débat sur l'usage de technologies propriétaires sur les sites publiques.

[2] Problématiques voulant évidemment dire « qui nous déplaisent ».

mardi 20 octobre 2009

Internet, lie du cancer de la perversion de la saloperie humaine (et repaire de videos de chatons)

Loin de moi l'idée de vouloir surfer sur un truc à la mode, mais la petite phrase d'un vieux bien connu me conforte dans une idée qui m'apparaît de plus en plus clairement.

Vous savez, les amis de nos parents qui ont du mal avec leur PC? Non, pas ceux qui se sentent tellement plus smart parce que « eux, ils compris » et qu'ils ont un Mac, les autres. Oui, ceux qui ne comprennent pas pourquoi leur ordinateur met 15 minutes à démarrer « alors qu'il démarrait en 2 minutes il y a un an », ceux qui ont plus d'icônes sur leur bureau qu'on en a sur les bureaux de nos trois ordinateurs combinés, ceux qui ont une application pour absolument chaque usage possible, religieusement installée à partir du CD fourni; ceux qui ont installé des mini jeux et des économiseurs d'écran « gratuits ».

Ce sont ces les mêmes personnes qui sont à l'origine des lois qui gèrent nos vies sur Internet.

Peut-être me trompe-je, c'est entièrement possible.

Mais finalement, la seule raison pour laquelle les geeks sont des geeks c'est avant tout par curiosité, et ensuite par apprentissage et accumulation de savoir et de savoir-faire. Qu'on sache vaguement virer des spywares ou bien scanner un sous-réseau avec nmap, c'est toujours parce qu'on a été confronté à un problème, un besoin, et qu'on a pris les choses en main pour répondre à ce besoin, en apprenant quelque chose de nouveau au passage. On a passé des soirées voir des nuits sur Internet, parfois sans trop savoir pourquoi, à absorber des milliers d'histoires, articles, avis et techniques et quelques années plus tard, on se retrouve avec un savoir qui semble, à nos yeux, somme toute bien limité étant donné la portée de tout ce qu'on sait ignorer, mais qui est déjà non négligeable.

Ce savoir est donc, il faut l'admettre, à des années de celui de nos proches, ce qui explique qu'ils n'aient (parfois) pas conscience des enjeux et des problèmes qu'il y a à être dépendant de solutions propriétaires, des failles de sécurité dans le navigateur qu'ils utilisent pour faire leurs opérations bancaires en ligne ou du fait que leur mails peuvent être lus par qui veut tout au long de leur joyeux voyage dans le réseau.

Si ce sont les mêmes personnes qui sont à la base de la législation touchant aux ordinateurs et à Internet, aussi bien entourées qu'elles soient, il n'est finalement pas surprenant qu'elles prennent des décisions démontrant joyeusement leur incompétence sur le sujet.

Et encore, si les amis-de-nos-parents se sentent le plus souvent perdus et diminués face à la technologie (qui ne fait pas grand chose pour réellement y changer quelque chose il faut dire), ils ne la détestent pas. Ils ne la voient pas comme danger, plus comme une opportunité qui leur échappe en partie, à cause de la simple masse de chose à apprendre. Personne ne leur a jamais appris, ils font comme ils peuvent avec cet outil, le plus compliqué qu'ils aient jamais eu entre les mains, mais le seul pour lequel on ne leur a jamais donné ne serait-ce que les instructions de bases, comme on explique à un enfant comment tenir un clou et un marteau.
Nos représentants sont (pour la plupart) dans la même situation: combien font imprimer leurs mails? combien ont installé eux-même leur *box? combien ont installé une plateforme de blog?

Mais au delà de ça, si on ajoute maintenant à ceci une combinaison du fait que les personnes qui nous gouvernent ont une réelle méfiance de cet ensemble bâtard de technologies qu'on appelle Internet, car trop éloigné de leur conception ordonnée et acceptée des rapports humains, et qu'elles sont de plus (ouvertement) influencées par des personnes qui ont intérêt à réduire la portée disruptive du bâtard en question au plus proche de zéro, on comprend vite comment on arrive à des trucs comme la Haute Autorité pour la Diffusion des Œuvres et la Protection des droits sur Internet.

Qu'en conclure?
Déjà, qu'il importe de prendre en compte le niveau de connaissance technique — souvent dramatiquement bas, voir à ce sujet la vidéo où les députés répondent à la question « Savez-vous ce qu'est le peer-to-peer? » — dans le jugement qu'on fait de l'approche que nos représentants ont de la politique à adopter vis-à-vis d'Internet. C'est dur, mais il faut leur accorder un bénéfice du doute technologique et accepter que notre savoir sur la question nous donne une perception bien plus fine et profonde des enjeux.

Deuxièmement, que le lobbying sans limite est une des causes les plus crasses du déni de démocratie auquel nous sommes confrontés. Je ne sais pas comment y répondre et je sais que j'enfonce une porte ouverte. La seule réponse à ça c'est l'éducation et le partage des connaissances permettant d'apprécier les enjeux.

À ce titre, la Quadrature fait clairement un travail qui va dans le bon sens. Mais que faire de plus?

Peut-être commencer par (ré)enseigner par la base le fonctionnement, l'utilisation et par extension, ensuite, les enjeux associés aux ordinateurs et à Internet.

S'il est particulièrement important de donner au grand public le moyen de prendre ses décisions vis-à-vis de la technologie, afin que celle-ci soit ne soit plus quelque chose contre laquelle on lutte mais quelque chose grâce à laquelle de nouvelles possibilités s'ouvrent (libérer l'utilisateur diraient certains), ce travail d'éducation devient crucial quand il s'agit de nos représentants, députés, maires ou ministres, qui à partir de leur savoir se retrouvent à prendre des décisions dont la portée dépasse leur compréhension du sujet.